Marie Laurencin
1883 - 1956





Du signe du scorpion, Marie Laurencin est née le 31 Octobre 1883 à Paris dans un appartement près de la Gare de l'Est,
63, rue de Chabrol.

Elle est la fille illégitime d'Alfred Stanislas Toulet (1839-1905), âgé de 45 ans - d'origine picarde, contrôleur principal des contributions directes à Paris, qui deviendra député de Péronne (Somme) -, et de Pauline Mélanie Laurencin (1861-1913), âgée de 22 ans et de 23 ans sa cadette, d'origine normande, fille de forgerons de Vaudreville (Manche), employée (de maison ?) puis couturière.


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Selon l'acte de naissance, l'enfant ne sera d'abord pas reconnue par sa mère, et son père ne sera jamais dénommé.

Marie Laurencin ne verra que très rarement son père durant son enfance et n'apprendra son identité - officieusement - qu'en 1913, plusieurs années après sa mort.

Elle est née en 1883, mais tous les livres indiquent 1885. Quand on lui demande son âge, elle dit "Je suis une fille naturelle, alors c'est toujours mystérieux l'âge d'un enfant naturel, ce n'est ni dans la réalité, ni dans le rêve, ça ne se détermine pas par une date."
(Cité par René Gimpel, Journal d'un collectionneur).


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Les Laurencin étaient des gens curieux. Originaires de la Savoie, ils étaient à la fois raffinés et brutaux, mais aucunement sociables. Toute la douceur de ma mère venait de ma grand-mère, une Normande, fille de pêcheurs, pure et croyante (...). Mon père était Picard. (Marie Laurencin, Le carnet des nuits).

1893 - Marie a 10 ans ...

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Marie s'installe avec sa mère dans un appartement, 51 boulevard de la Chapelle, à Paris. Elle entre au Lycée Lamartine.

Je dépends d'une enfance sévère mais harmonieuse. Mon père, pris de passion pour la langue française, me faisait lire Racine à haute voix (...).

Marie avait neuf ans. Une mère lointaine et charmante qui parlait très peu et chantait fort bien, et un père qui, de temps en temps, par plaisir, aimait instruire sa fille et s'occuper de ses études.

Ma première leçon d'histoire, qui avait trait aux Francs, a été l'un des moments les plus douloureux. Fort heureusement, ce chapitre prit fin et la première reine, Sainte Clotilde, fit son apparition. On était sauvé. Je découvris les reines et les héroïnes de l'histoire de France. Il n'y avait qu'elles qui m'intéressaient et je recherchais leurs portraits.

Un mot qui me fit bien rêver fut le mot "Favorites". Les "Favorites".
Je crus d'abord que c'étaient des personnes inexistantes - et si belles. (Marie Laurencin).

1901 - 1903 - Marie a 20 ans ...

Et tout à coup nous eûmes quinze ans, c'est-à-dire que nous commençâmes à nous regarder. Ghirlandajo et Botticelli étaient nos peintres favoris. Quelques visages de mes compagnes, dans leurs grâces d'adolescentes, étaient les modèles de cette école italienne. Les mâchoires minces, les longs cheveux et les yeux sous les sourcils naturels faisaient oublier les vêtements qui n'étaient pas beaux. On nous emmenait aux Champs-Elysées et, le jeudi, dans les musées. Les jours de fêtes, nous enlaidissions tellement que nos soirées se passaient à pleurer. Nous nous sentions entourées de secrets : Alfred de Musset, les Courtisanes. Nous continuions de retrouver, fugitives, nos compagnes dans les sculptures de Jean Goujon et même dans les anges de Léonard de Vinci ; et, puisqu'il fallait agir aux yeux des parents, nous copiions inlassablement au crayon et au fusain le portrait de Mme Vigée-Lebrun et sa fille. Les collerettes, les fichus, tout le voyage sentimental : la gantière, la modiste. (Marie Laurencin).

Marie étudie le dessin et la peinture sur porcelaine à Sèvres. Elle suit des cours de dessin et reçoit des conseils du peintre Jouas-Poutrel.

Dans ma jeunesse, on apprenait à peindre comme on apprenait à chanter. Moi, je dessinais tout le temps. Un jour, ma mère m'a demandé de décorer une tasse à thé. J'ai peint pour la première fois avec des couleurs vitrifiables Lacroix. Je réussis et j'allai dans une école dessin, une école de la ville de Paris. J'eus pour premier maître Guignolot, le professeur de Braque aussi. (...) J'ai eu encore pour professeur Madeleine Lemaire qui peignait des fleurs à la brosse, même la nuit, sous un abat-jour poussiéreux. Je faisais aussi des dessins sur des soieries que je brodais. Picasso a gardé une de ces étoffes. (Marie Laurencin à Robert de Naud).

1904 - Marie a 21 ans ...

Marie entre à l'Académie de peinture Humbert, où enseigne Guignolot. Elle a pour condisciples Georges Braque et Georges Lepape.

Braque me disait de Marie Laurencin : Je l'ai connue à Montmartre avec la natte dans le dos. (René Gimpel).

Quelque temps, j'allai dans une académie. Les professeurs qui lui donnaient leur nom y passaient une demi-heure chaque semaine, faisaient un petit discours et s'en allaient. (Marie Laurencin).

Presque tous les jours je retourne à l'atelier aux séances de croquis, de cinq à sept. Peu de camarades du matin, mais des inconnus qui viennent deux ou trois fois de suite et qu'on ne revoit plus. Les femmes, l'après-midi sont admises (...).

Un jour, je remarque une jeune fille qui vient pour la première fois. Sa mise est stricte, simple, sans souci d'élégance, son teint est sans poudre ni rouge aux joues, ses cheveux bruns, un peu crépus, nattés dans un chignon sur la nuque. Pour travailler, elle porte un pince-nez retenu par un fil qui passe sur l'oreille. Elle achève chaque dessin sans effort apparent. Un dessin sûr, puissant et sensible en même temps ... C'est prodigieux. Je n'ai jamais constaté une telle maîtrise !

Me sachant prompt à l'enthousiasme, je doute de la valeur de mon appréciation. Le lendemain matin, je conte à Braque ma découverte et l'engage à venir le soir à la séance de croquis. Il jugera. Braque est ébloui lui aussi par ce phénomène. (...)

Au bout de quelques jours, la glace est rompue. Son nom : Marie Laurencin, "mais, dit-elle, chez moi on m'appelle Coco ...".

Coco est gaie, spirituelle, ironique, mordante, exclusive, fantasque et charmante ... Nous la prions de nous montrer d'autres études. Le lendemain, elle nous apporte ses cartons, des cartons pleins de dessins, d'aquarelles, d'esquisses et de croquis merveilleux. Des compositions d'imagination aussi, ornées d'étranges animaux : des biches au pelage parsemé de petites fleurs, des chevaux à col de cygne et chevauchés par de frêles jeunes filles nues. Coco sollicite des avis, des critiques. Elle n'y croit pas, dit-elle. Nous, nous y croyons. (Georges Lepape).

Première rencontre avec Henri-Pierre Roché qui sera, un temps, son amant, puis son mentor.

Marie passe l'été en Seine-et-Marne à May-en-Multien près de Meaux. Nombreux carnets de croquis (autoportraits, portraits de sa mère, scènes domestiques).

1905 - Marie a 22 ans ...

Premiers autoportraits à l'huile. Petits paysages. Premières gravures. Marie visite le Louvre. Elle s'intéresse aux vases grecs, à l'art italien, aux miniatures persanes.

Mon papa toujours pareil, toujours malade - ma mère toujours rebelle à mes pratiques d'art - mais au fond passive - et c'est tout ce qu'il me faut. (Lettre de Marie Laurencin à Georges Lepape, 22 août 1905).

Mort de son père à Vichy.

Naissance à Saint-Pierre-des-Champs (Oise) de Suzanne Lucienne Moreau qui entrera en 1925 au service de Marie Laurencin et sera sa servante-maîtresse, avant de devenir sa fille adoptive et son héritière.

1907 - Marie a 24 ans ...

Marie participe pour la première fois au Salon des Indépendants. Elle rencontre au mois de mai, à la Galerie Clovis Sagot, 46 rue Laffitte, Pablo Picasso qui la présente à Wilhem de Kostrowitzky (Guillaume Apollinaire), de trois ans son aîné, également né de père inconnu. Apollinaire devait l'immortaliser sous le nom de Tristouse Ballerinette dans le poète assassiné.

Marie fréquente alors le Bateau-Lavoir, rue Ravignan, et Montparnasse où elle rencontre Fernande Olivier, Max Jacob, André Salmon, Maurice Raynal, Maurice Cremnitz, Gertrude Stein, Jean Royère, Paul Fort, André Derain ...

Le peu que j'ai appris m'a été enseigné par ceux que j'appelle les grands peintres, Matisse, Derain, Picasso, Braque.
(Marie Laurencin).

Pauvre biche
Prise au piège
Entre les fauves
Et les Cubistes
(Jean Cocteau)

Sa mère brode quelques coussins sur des cartons de Marie Laurencin, notamment pour Guillaume Apollinaire.

(En 1938, à Paris) Marie Laurencin nous conduit à travers son appartement. Elle nous fait admirer des panneaux brodés à la main et nous dit : "C'est par ma mère." Je réplique "Mais ce sont vos dessins." "Oui, j'avais dessiné les modèles, mais je n'avais pas voulu les agrandir sur soie. Alors ma mère y a mis son dessin. Vous y voyer le portrait d'Apollinaire soufflant du cor."
(René Gimpel).

1908 - Marie a 25 ans ...

Banquet du Douanier Rousseau dans l'atelier de Picasso.

Pauline Laurencin et sa fille quittent le boulevard de la Chapelle pour le 32, rue La-Fontaine, à Passy.

Première version d'Apollinaire et ses amis (Musée de Baltimore) achetée alors par Gertrude Stein.

1909 - Marie a 26 ans ...

Marie Laurencin et Guillaume Apollinaire posent pour le Douanier Rousseau : la muse inspirant le poète (1ère version "aux oeillets de poète" au Kunstmuseum de Bâle, 2è version "aux giroflées" au Musée Pouchkine à Moscou).

Deuxième version d'Apollinaire et ses amis que Guillaume Apollinaire gardera dans son appartement, 202, boulevard Saint Germain (toile appartenant aujourd'hui au Musée national d'Art moderne, en dépôt au Musée Picasso, Paris).

Chez l'oiseau du Bénin (Apollinaire) on buvait ferme, et les manifestations d'après le Perschot (sic) n'étaient pas exemptes d'une certaine brutalité. J'ai vu Marie Laurencin pleurer sur le bord du trottoir, les pieds dans le ruisseau. Apollinaire, quand il lui proposa le mariage, fut reçu par ces mots : "Tu as trop mauvais caractère !" C'était beaucoup dire en peu de mots.
(Lettre de Max Jacob à Jacques Doucet, 31 mars 1917).

1911 - Marie a 28 ans ...

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Henri-Pierre Roché présente Marie Laurencin à la soeur du couturier Paul Poiret, Nicole Groult, femme du décorateur André Groult, qui deviendra son amie intime.

Séjour en Provence et rencontre de l'entomologiste Fabre et de l'écrivain allemand Hans Heinz Ewers qui lui dédiera plus tard sa pièce "La Berlinoise aux prodiges", signée du pseudonyme "Le mouton carnivore".

 

Dans ce milieu cosmopolite et francophile des nombreux étrangers vivant alors à Paris, elle rencontre, par l'intermédiaire de H.-P. Roché, les marchands allemands Jos Hessel et Wilhem Uhde : Ma deuxième exposition après Rousseau, je la fis de Marie Laurencin. Elle n'était alors pas du tout connue, sauf d'un petit cercle d'amis. Elle avait grand besoin d'argent et suppliait que j'achète ; mais je ne pouvais pas à ce moment. J'achetais quand même une grande composition, à mon avis une des plus belles. J'étais décidé à faire avec ce tableau sa réputation et sa gloire (...) La plupart des collectionneurs se détournaient en souriant quand je disais le prix de 4000 francs-or. Un jour, Rolf de Maré, qui sera l'un des animateurs et commanditaires des Ballets Suédois, vint et crut d'abord que je plaisantais. Mais, peu à peu, saisi par la beauté du tableau, l'acheta. En huit jours, tout Paris parlait de cette affaire et, quinze jours plus tard, Marie Laurencin avait son contrat avec Paul Rosenberg. (Wilhem Uhde) - Le tableau "Les Jeunes filles" a été donné en 1966 par Rolf de Maré au Moderna Museet de Stockholm.

1912 - Marie a 29 ans ...

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Première exposition personnelle, avec Robert Delaunay, Galerie Barbazanges, Paris. Marie y rencontre le graveur Jean-Emile Laboureur avec lequel elle aura une courte liaison avant de nouer des liens d'amitié plus durables et entamer une fructueuse collaboration, qui devait durer plus de vingt-cinq ans, pour la réalisation de ses eaux-fortes.

Marie participe à la décoration de La Maison Cubiste au Salon d'Automne, et au Salon de la Section d'Or.

En juin, rupture avec Guillaume Apollinaire. Marie séjourne à Dinard. Elle rencontre le couturier Jacques Doucet - qui lui achètera deux toiles, et un jeune étudiant allemand, Thankmar von Münchhausen, jeune cousin de son futur mari.

1913 - Marie a 30 ans ...

Publication par Guillaume Apollinaire du recueil de poèmes "Alcools" et des chroniques "Méditations esthétiques : les peintres cubistes". Marie Laurencin y est souvent évoquée.

Mort de Pauline Laurencin le 11 mai à Paris. Elle est incinérée.

La maladie de Mme Laurencin, venant après la mort du père de Pablo Picasso, nous a fait une impression profonde et pénible. Fais mes amitiés à ma pauvre chère amie Marie et dis-lui que je ne puis que partager son souci et son chagrin.
(Lettre de Max Jacob à Guillaume Apollinaire, quelques jours avant la mort de Pauline Laurencin).

Double contrat signé avec Paul Rosenberg, marchand à Paris, et Alfred Flechtheim, marchand à Berlin et Düsseldorf.

Flechtheim lui achète une grande toile, "La toilette des jeunes filles", pour 300 francs-or : Mais vous allez vous ruiner, Monsieur !

Court voyage à Londres avec Yvonne Crotti, en juin.

Court voyage à Villequier organisé en septembre par Louise Faure-Favier et André Billy pour tenter une ultime réconciliation avec Guillaume Apollinaire.

Marie rencontre, par l'intermédiaire de H.-P. Roché et Jos Hessel, le cousin de Thankmar von Münchhausen, Otto Christian Heinrich von Wätjen - dont la mère d'origine franco-suisse était la fille du peintre vaudois Benjamin Vautier -, baron allemand et dilettante francophile, travaillant à Paris.

Le deuxième homme important dans sa vie après Apollinaire fut Otto : don Juan, peintre, grand philosophe en actes, fantaisiste et noceur, et dont l'esprit vif, intense, mena contre Marie Laurencin un assaut inlassable qui fut, pendant des années, à diverses reprises, leur principale raison d'être. Je ne connais pas d'amour plus singulier, prenant et comme indirect (...) Ils eurent d'emblée le coup de foudre, devinrent amants, papillons idylliques puis passionnés, se marièrent comme désincarnés. (H.-P. Roché).

De deux ans son aîné (né en 1881) il devait mourir en 1942 à l'âge de 61 ans.

Marie participe à l'exposition du Valet de Carreau à Moscou, au Strum à Berlin, à l'Armory Show à New York et Chicago. Chtchoukine et Morozov, à Moscou, achètent deux oeuvres.

1914 - Marie a 31 ans ...

Marie Laurencin épouse à Paris, le 22 juin, Otto von Wätjen. Les témoins sont Eugène Montfort, l'éditeur de la revue "Les Marges", Henri Marais, universitaire, le beau-frère d'Otto, le sculpteur zurichois Hermann Haller et l'écrivain allemand Rudolf Tewes.

Le couple - Marie Laurencin était devenue Allemande par mariage - doit interrompre sa lune de miel sur la côte atlantique pour se réfugier, lors de la déclaration de guerre, à Madrid, en août.

Séparée d'Apollinaire, Marie avait épousé un de nos camarades parisiens, gentilhomme rhénan, le peintre et graveur - meilleur graveur que peintre - Otto von Wätjen, vidame de l'église de Cologne.

Au tocsin d'août 1914, les deux jeunes époux se trouvaient sur une plage entre Arcachon et Biarritz. Avec son Allemand, Marie a fui sous les huées et sous les pierres.

Réfugié en Espagne, notre camarade Otto ne tenta rien pour regagner son pays et prendre dans l'armée impériale sa place d'officier, Otto aimait Marie et la France. (André Salmon).

Son appartement et ses biens à Paris sont placés sous séquestre.

1915 - Marie a 32 ans ...

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L'exil de Marie Laurencin en Espagne va durer jusqu'en 1919. Début d'une importante correspondance avec Nicole Groult. Elle rencontre à Madrid, par l'intermédiaire de Nicole Groult, la jeune Cécilia, marquise de Madrazo. Nombreuses visites au Musée du Prado. Vélasquez et surtout Goya la marquent profondément.

La seule influence que j'ai ressentie dans ma vie est celle de Goya. J'ai beaucoup vécu avec lui pendant mes cinq années d'exil en Espagne. Ah ! j'ai beaucoup souffert en Espagne et je n'y ai peint que quatre tableaux. Souffrir, c'est être possédé par la maladie ; alors, comment peindre quand on est malade ?
(René Gimpel).

Marie séjourne à Màlaga. Elle rencontre les Albert Gleizes et les Robert Delaunay.

Marie voyage avec Nicole Groult en Espagne.

Marie retrouve Rolf de Maré et Nils von Dardel avec les Ballets Suédois.

1916 - Marie a 33 ans ...

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Marie Laurencin s'installe à Barcelone.

Elle rencontre Francis Picabia et sa femme Gabrielle Buffet, Valéry Larbaud.

Guillaume Apollinaire est sérieusement blessé.

Palais du soir
Air ravissant
Une ingratitude noire
Est tout ce que je ressens
(Marie Laurencin)

Publication du Poète assassiné.
(Marie Laurencin est l'héroïne de "Tritouse Ballerinette").

Ramon Gomez de la Serna, poète admirateur d'Apollinaire, écrit sur sa peinture.

Ne crois pas Nicole
Que le Zèbre soit un animal
Comme le Cheval
Le Zèbre est un danseur espagnol
Dont je raffole
(Marie Laurencin à Nicole Groult)

1917 - Marie a 34 ans ...

Marie participe à la revue de Picabia, 391, publiée à Barcelone par Picabia et Arthur Cravan.

Le 391 qui paraissait à New York reparaît à Barcelone dans des conditions qui ne nous plaisent pas.
(Lettre de Max Jacob à Jacques Doucet, 7 mars 1917).

Echange de lettres avec André Breton.

Marie participe à une exposition de dessins à la Modern Gallery à New York, organisée par Picabia, pour Marius de Zayas.

Marie participe à une exposition collective Galeria Dalmau, à Barcelone.

1918 - Marie a 35 ans ...

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Marie Laurencin retourne à Madrid.

Mort de Guillaume Apollinaire, le 9 novembre, à Paris.

1919 - Marie à 36 ans ...

Marie Laurencin et Otto von Wätjen s'embarquent pour Gênes en novembre. Après quelques jours à Milan, séjournent en Suisse.

A Zurich, le sculpteur Hermann Haller, beau-frère d'Otto von Wätjen, exécute deux portraits - terre cuite - de Marie Laurencin.

Marie rencontre le sculpteur Archipenko et le poète Rainer Maria Rike.

J'étais une fois à Zurich, je laisse tomber mon sac, un homme le ramasse, c'était Rainer Maria Rilke. (René Gimpel).

Ses biens, sous séquestre à Paris en raison de sa nationalité allemande, sont vendus.

1920 - Marie a 37 ans ...

Marie rentre avec son mari, via Bâle, dans la famille von Wätjen, à Düsseldorf, puis à Baden-Baden et à Altenrode.

Troubles spartakistes. Effondrement de la monnaie.

Marie voyage seule en Allemagne avec Thankmar von Münchhausen, puis avec Yvonne Crotti.

Bref séjour à Paris à l'occasion de la naissance de sa filleule Rosie-Benoîte Groult.

Marie séjourne sur le Rhin à Mayence avec les André Fernet.

Henri-Pierre Roché vend six oeuvres de Marie Laurencin à John Quinn, parmi lesquelles "la femme-cheval" et "Princesse P...".

1921 - Marie a 38 ans ...

Retour définitif à Paris. Séparation et divorce d'Otto von Wätjen.

De retour à Paris, Marie signifia à Otto son congé. Acceptant le divorce, Otto retourna auprès des siens à Düsseldorf, il vint souvent à Paris, rien que pour rendre visite à Marie qui le recevait peu. (André Salmon, Souvenirs sans fin).

J'ai épousé un Allemand, ce qui m'a valu six ans d'exil. Je suis divorcée.

Parce qu'il était Allemand ? demande ma femme.

Non, parce qu'il était alcoolique, ce qui est pire. Maintenant, je ne me remarierai plus. Lui a perdu son argent. Toute sa famille est ruinée. C'est une famille noble. J'étais baronne. Tout ça, titre et argent, c'est parti, et ça ne me fait rien.
(René Gimpel).

Marie refuse d'entrer à la Galerie Paul Guillaume et à la Galerie Bernheim.

Première grande exposition personnelle à Paris, chez Paul Rosenberg, rue La-Boétie.

Marie s'installe 19, rue de Penthièvre, dans un petit appartement, précédemment occupé par J.-E. Laboureur, et que lui décore André Groult.

A son retour d'Espagne, Marie s'est installée dans le quartier de l'Elysée. Un logis de midinette ambitieuse. Le décor du Bonhomme Jadis de Murger, tranche de vie de bohème aux lumières de la Comédie-Française. Elle y reçoit notre ami Philippe Berthelot, ambassadeur de France, secrétaire général du Quai d'Orsay.
(André Salmon).

Marie se lie avec Gaston Gallimard, Jean Giraudoux, Paul Morand, Alexis Léger (Saint-John Perse), Georges Bénard, Jean Cocteau ...

Première monographie sur Marie Laurencin par Roger Allard.

1922 - Marie a 39 ans ...

Gaston Gallimard publie l'éventail de Marie Laurencin.

Brève liaison avec Alexis Léger, puis avec Philippe Berthelot, secrétaire général aux Affaires étrangères.

Marie rencontre Marcel Jouhandeau et Armand Loewengard, Misia Sert.

Marie subit une importante opération chirurgicale.

Elle nous parle beaucoup de ses amis : André Gide, Jean Giraudoux, Paul Morand qu'elle ne voit pas beaucoup.
(Cité par René Gimpel).

1923 - Marie a 40 ans ...

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Marie s'installe rue José-Maria-de-Heredia à Paris.

Premier succès de Marie Laurencin comme portraitiste (Baronne Gourgaud, Coco Chanel, Mme Paul Guillaume, Lady Cunard ...).

Serge de Diaghilev lui commande pour les Ballets Russes les maquettes du décor et des costumes du ballet de Francis Poulenc "Les biches". Elle y travaillera l'été, dans le Midi et à Venise. Le décor sera agrandi par le prince Schervanidzé.

Marie participe aux déjeuners de la princesse Bassiano, de la princesse Murat. Elle rencontre Paul Valéry, le Groupe des Six.

"Parfois je lis des vers, ils passent comme une chanson. Les vers de mon ami Valéry me plaisent".

Vingt livres de la Bibliothèque rose. Elle m'apprendra tout à l'heure que ce ne sont pas là ses livres de petite fille, mais de femme, car elle avoue avec grâce que ce sont les seuls qu'elle puisse lire parce qu'elle est si bête : Giraudoux, Suarès, elle n'y comprend rien !
(René Gimpel).

1924 - Marie a 41 ans ...

Représentations triomphales du ballet "Les biches" à Monte-Carlo, puis au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, sur une chorégraphie de Nijinska.

Le comte Etienne de Beaumont lui commande décor et costumes pour "les Roses", ballet d'Henri Sauguet, présenté par les Soirées de Paris au Théâtre de la Cigale, à Paris.

Expositions à la Galerie Paul Rosenberg, à Paris, et à la Leicester Gallery, à Londres.

1925 - Marie a 42 ans ...

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Suzanne Moreau, très jeune, fille d'une ancienne domestique de Marie Laurencin, entre à son service.

Marie Laurencin achète une petite maison de campagne à Champ-rosay, proche de celle qu'occupait Eugène Delacroix, dans la forêt de Sénart, près de Paris.

La princesse Murat me demande si j'ai vu la maison que Marie Laurencin a achetée, que c'est affreux, mais que Marie est si myope qu'elle la trouve délicieuse, que d'ailleurs avec son goût elle parviendra peut-être à la rendre délicieuse. (...) Je comprends que c'est pour la fille de sa bonne qu'elle a acheté cette maison, et la princesse, comme une grande dame qui seule peut pardonner une telle faiblesse, ajoute : "Elle est délicieuse dans la vie de Marie Laurencin, l'histoire de la fille de la bonne". (René Gimpel).

Brève liaison avec Georges Denis, journaliste sportif à l'Intransigeant.

Marie collabore avec André Groult pour la Chambre de Madame à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs.

Daniel-Henry Kahnweiler (Galerie Simon, Paris) publie "Brigitte" ou "La belle au bois dormant" de Marcel Jouhandeau avec quatre lithographies de Marie Laurencin.

1927 - Marie a 44 ans ...

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Décorations pour le restaurant Boulestin's à Londres d'après deux aquarelles de Marie Laurencin.

Marie s'installe 116, rue de Vaugirard, à Paris.

J'aime la société des femmes parce qu'elles aiment parler et qu'on n'a pas besoin de leur répondre. Ce qu'il y a d'ennuyeux avec les hommes, c'est qu'ils veulent toujours qu'on les écoute.
(René Gimpel).

1928 - Marie a 45 ans ...

Marcel Jouhandeau publie une monographie sur Marie Laurencin.

Costumes et décor pour "A quoi rêvent les jeunes filles" d'Alfred de Musset à la Comédie-Française (avec les jeunes comédiennes Marie Bell et Madeleine Renaud).

Costumes pour le ballet d'Henri Sauguet commandé par Jeanne Dubost : "L'Eventail de Jeanne" (représentations privées).

Marie séjourne en Italie avec Armand Loewengard, son chevalier servant.

Marie quitte le 116, rue de Vaugirard, et achète un grand appartement près du Champ-de-Mars à Paris, 1, rue Savorgnan-de-Brazza.

Marie ne comprend que les poètes et les peintres. Ou plutôt, elle ne comprend pas qu'autre chose existe. Etre marchand, elle ne comprend pas ça. C'est la dernière chose au monde. Elle les excuse en disant : "il en faut".

Marie aime les princes et s'en défend. Elle a déjeuné avec le roi des Belges et la reine, mais elle a été désillusionnée sur eux quand elle a appris que la Belgique était si petite. (René Gimpel).

1929 - 1930 - Marie a 47 ans ...

Crise économique.

Exposition à la Galerie Paul Rosenberg avec Braque, Matisse, Picasso.

Marie a dit à Armand (Loewengard) : "J'ai une grande nouvelle à vous annoncer : j'aime le blanc". Sa peinture va s'en ressentir. Elle s'est déjà habillée de blanc (René Gimpel).

Marie séjourne l'été à Bagnoles-de-l'Orme (1929) et en Normandie (1930).

L'écrivain Albert Flament a invité quatre femmes à déjeuner pour demain, quatre reines : celle de la peinture, Marie Laurencin ; celle des lettres : Colette ; celle du théâtre : Valentine Tessier ; celle de la couture : Chanel. Quatre femmes qui ne déjeunent jamais en ville. Mais Colette a dit : "Je viens pour Marie Laurencin" ; Marie Laurencin a dit : "Je viens pour Colette" ; Tessier et Chanel ont dit chacune : "Je viens pour les trois". (René Gimpel).

1931 - Marie a 48 ans ...

Exposition Durand Ruel Galleries à New York.

1932 - 1935 - Marie a 52 ans ...

Marie Laurencin enseigne à l'Académie du XVIè, Villa Malakoff, 30, Avenue Malakoff, fondée par Jean-Emile Laboureur, où enseigne également la femme peintre Melle Philippe de Villeneuve.

J'ouvre cet atelier avec Melle de Villeneuve-Esclapon - vous savez les Bonaparte, la princesse Marie de Grâce, Philippe de Bourbon - heureusement, je connais le lignage - qui est un professeur remarquable, et Jean Laboureur qui, outre son talent, pourra conduire plus d'une élève vers l'art susceptible de la gravure.

Toutes les reines de France ont peint : Marie Leczinska, Marie-Antoinette qui eut pour maître Redouté ...

Déjà, Misia (Misia qui fut Mme Natanson, puis la femme d'Edwards, et celle de Sert, le peintre espagnol) m'a demandé d'être mon élève. Vous savez la place influente qu'elle tient auprès de Chanel.
(Marie Laurencin à Robert de Naud).

Seul Anatole France eût pu décrire les cours de Marie Laurencin et expliquer comment, avec sa grâce, ses idées, sa conversation, parfois à l'autre bout de l'art, elle peut enseigner à ces jeunes filles mille fois plus que ne l'eût fait Ingres. Pas de formules, pas de métaphysique, nulle théorie, juste de l'imprévu démailloté d'entre des chiffons. (René Gimpel).

Marie exécute quelques rares portraits d'homme : (Somerset Maugham, Albert Flament, Edward Wassermann) ...

Les écrivains l'adorent. Elle dînait l'autre jour chez Giraudoux avec pas mal d'auteurs, Gallimard, Valentine Tessier ... L'écrivain irlandais Joyce vient chez elle. (Cité par René Gimpel).

Marie rencontre Rose Adler chez René Gimpel (1934).

Exposition de tableaux de fleurs à la Mayor Gallery de Londres (cadres de Rose Adler, préface de Somerset Maugham).

Marie adore l'artificiel. Elle aime même les fleurs artificielles. Elle ne peut souffrir les plantes parfumées. C'est pourquoi je lui ai envoyé une demi-douzaine de plantes vertes. Elle y verra une forêt, des décors, et mille autres choses que nous ne pouvons imaginer. D'ailleurs, quand elle peint des fleurs, elle ne peint qu'une fleur et, en la répétant vingt fois, en fait un bouquet. (René Gimpel).

1936 - Marie a 53 ans ...

Exposition : Oeuvres de 1929 à 1936, Galerie Paul Rosenberg, à Paris.

Il y avait toujours un fond de rose qui devait paraître très commun aux personnes distinguées et m'enchantait.
Ce rose n'a pas été perdu.
Au revoir 1900, je t'embrasse pour ce rose.
(Cité par Georges Pillement).

Expositions Agnews Gallery et Tooth Gallery, Londres.

1937 - Marie a 54 ans ...

Marie participe à la grande exposition des Maîtres de l'art indépendant, au Musée du Petit Palais, lors de l'exposition internationale de 1937, avec 16 oeuvres.

Marie Laurencin est nommée chevalier de la Légion d'Honneur.

L'Etat français acquiert "La répétition" (Musée national d'Art moderne, Paris) et lui commande une gravure, "Les Fêtes de la danse", pour la Chalcographie du Louvre.

Marie quitte sa maison de campagne de Champrosay (qu'elle vendra en 1938).

Expositions chez Rosenberg & Helft Gallery, Londres, Pierre Matisse Gallery, New York, Paul Rosenberg Gallery, New York, Findlay Gallery, New York.

Marie a encore dans son art, des sursauts. Elle a un nouveau modèle et Marie inspirée vient de faire quelques toiles où on retrouve le talent qu'elle avait encore il y a quelques années.
(René Gimpel).

1939 - Marie a 56 ans ...

Déclaration de guerre pendant que Marie séjourne à Bagnoles-de-l'Orme ; Marie retourne à la mi-septembre à Paris, accompagnée de Suzanne Moreau : "Une novice, accompagnée d'une nonne plus âgée". (André Salmon).

1940 - 1941 - Marie a 58 ans ...

"un clic sur cette fleur et une photo de Marie va éclore"
(et ainsi ... de fleur en fleur ...)

Marie séjourne près de Nantes, à Moustier-en-Retz, au couvent des soeurs de Saint-Vincent-de-Paul. Marie rentre à Paris en août, après l'armistice.

Petits paysages et portraits d'amis (écrivains).

Costumes pour le ballet "Un jour d'été" à l'Opéra-Comique, Paris (avec Jean Babilée).

1942 - Marie a 59 ans ...

Première publication de ses souvenirs, le carnet des nuits.

Exposition Leicester Gallery, Londres.

Mort de son ancien mari, Otto von Wätjen, en Allemagne à l'âge
de 61 ans..

1944 - Marie a 61 ans ...

Mort d'Armand Loewengard à New York.

L'appartement de la rue Savorgnan-de-Brazza, trop grand pour n'être occupé que par deux femmes, est réquisitionné par les autorités. Marie Laurencin s'installe dans un petit pavillon mis à sa disposition par le comte et la comtesse Etienne de Beaumont, attenant à leur hôtel particulier, 11, rue Masseran.

Cette petite maison est une demeure de poète (...). Elle est charmante, comme une maison de poupée, toute en escaliers et en recoins. Elle donne sur une cour où il y a des arbres. Marie, à la fois lasse et soulagée, entreprend son déménagement. Toujours aussi révoltée par la façon dont elle a été traitée, elle s'accommodera très bien du petit pavillon. (Flora Groult).

Sa chambre est verte.



Des glaces. Le portrait de sa mère. Une petite guitare donnée par la mère de Guillaume.

Une mappemonde à la tête de son lit.

"Je n'aime que la géographie et les livres. J'aime savoir où je suis." (Henri Calet).

Marie loue un atelier, 15, rue Vaneau, à proximité.

O l'atelier, avec ses marronniers en frondaison - sur les jardins de l'Hôtel Matignon - son ciel, ses meubles laids, quel repos.
(Cité par Flora Groult).

Exposition d'oeuvres sur papier, Galerie Clovis Sagot, Paris.

1945 - Marie a 62 ans ...

Décor et costumes pour "Le déjeuner sur l'herbe", créé sur une musique de Joseph Lanner par les Ballets des Champs-Elysées de Roland Petit, avec Jeanine Charrat.

Marie Laurencin se tourne de plus en plus vers la religion.

1946 - Marie a 63 ans ...

Exposition chez Paul Rosenberg & Co., New York.

Commande du décor pour le ballet "La belle au bois dormant", créé par les Ballets de Monte-Carlo.

1947 - Marie a 64 ans ...

Bref séjour chez les bénédictines de l'Abbaye de Limon en Seine-et-Oise.

1948 - Marie a 65 ans ...

Bref séjour au couvent des soeurs de Saint-Vincent-de-Paul à Moustiers-en-Retz.

1949 - Marie a 66 ans ...

Exposition "Trente portraits d'amis". Librairie Paul Morihien, Paris
(Paul Eluard, André Salmon, Jacques de Lacretelle, Jean Cocteau,
Dr Lemasle, Marcel Herrand, Etienne de Beaumont, Jean Paulhan, Marcel Jouhandeau, Léon-Paul Fargue, Marcel Arland ...).

Avec Berthe Morisot, Marie Laurencin est une preuve de cette marge exquise où se meuvent les femmes, autour du travail des hommes. Tandis que Matisse, Picasso, Braque, Apollinaire, Max Jacob, créaient un monde, Marie les accompagnait et mettait en liberté une foule de jeunes filles qui relèvent des "Demoiselles d'Avignon" de Picasso et des "Petites Filles Modèles" de Mme de Ségur-Rostopchine.

Ces jeunes filles aux visages triangulaires de plâtre et de clair de lune, tenant des éventails pareils aux jalousies, regardant, d'un grand oeil noir, s'ébattre et se câbrer chiens qui pourraient être biches ou licornes ou n'importe quel animal de la fable ...
(Jean Cocteau).

 

1951 - Marie a 68 ans ...

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(et ainsi ... de fleur en fleur ...)

Long procès pour pouvoir regagner son appartement rue Savorgnan-de-Brazza.

Costumes pour le ballet "Dominique et Dominique", argument de de Jean Davray, par la Compagnie des Champs-Elysées.

Marie Laurencin, c'est une dame !
(Henri Matisse à Paul Morand).

1952 - Marie a 69 ans ...


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(et ainsi ... de fleur en fleur ...)

Séjour à Saint-Benoît-sur-Loire.
Marie rencontre Mère Geneviève Gallois, peintre.

Marie signe un contrat avec Paul Pétridès à Paris pour deux ans.

Expositions Marie Laurencin : "Oeuvres de jeunesse", Galerie André Weil, Paris, et Marie Laurencin, "Oeuvres récentes", Galerie Paul Pétridès, Paris.

1953 - Marie a 70 ans ...

Exposition Galerie Georges Moos, Genève.

1954 - Marie a 71 ans ...

Marie Laurencin adopte officiellement Suzanne Moreau devant le Tribunal de la Seine, le 2 juin.

1955 - Marie a 72 ans ...

Marie Laurencin retrouve, après onze ans et un interminable procès qu'elle a enfin gagné, son appartement de la rue Savorgnan-de-Brazza et quitte la rue Masseran.

1956 - Marie n'aura pas 73 ans !

Marie Laurencin meurt d'une crise cardiaque dans son appartement à Paris dans la nuit du 8 juin. Après une cérémonie religieuse à l'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise, selon son voeu, vêtue de blanc, une rose à la main, les lettres de Guillaume Apollinaire sur son coeur.

Cimetière du Père Lachaise - Tombe 86 - Division 88 -

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Jean Denoël me conta qu'un jour Marie Laurencin lui avait montré une grande boîte en carton sur laquelle étaient écrits ces mots "Musique pour Marie". Elle l'ouvrit et à son étonnement Jean ne vit que des billets de banque : "C'est, lui confia Marie, l'argent que je mets de côté pour payer mon enterrement. Je veux que l'on me chante, ce jour-là, un Dies Irae de première classe".

Quand il nous arrivait à Marie et à moi de songer aux fins dernières : "Pour moi, Marcel, me disait-elle, je n'ai pas eu le temps de penser beaucoup à l'autre monde. Le moment venu de quitter celui-ci, je m'en rapporterai et m'en remettrai de tout à la Tradition". C'est ce qu'elle a fait avec sagesse et dignité.
(Marcel Jouhandeau, Arts Spectacles, 13 juin 1956).

Sa bibliothèque (environ 5000 volumes) est vendue à l'Hôtel Drouot à Paris au profit de l'Oeuvre des Soeurs de Villepinte.

On y retrouve les ouvrages de ses amis écrivains français, une abondante section de littérature étrangère, et - comme elle s'en était toujours inspirée - de très nombreux livres illustrés du XIXème siècle - sources de loisirs autant que d'inspiration : tous les albums de Kate Greenaway, des Keepsakes français et anglais, des albums illustrés pour enfants de l'époque romantique et du Second Empire, sans oublier "Le Magasin des demoiselles", "Le Journal des Femmes", "Le journal des jeunes personnes", "Le Moniteur de la mode", "Le Royal Lady's magazine", des albums de costumes, etc.

Va t'en va t'en mon arc-en-ciel
Allez-vous-en couleurs charmantes
Cet exil t'est essentiel
Infante aux écharpes changeantes
(Guillaume Apollinaire, Calligrammes)

Nouvelle édition du Carnet des nuits à Genève (Cailler éd.).
Exposition commémorative, chez Paul Rosenberg & Co., New York.

1957

Rétrospective à la Kunsthalle de Düsseldorf.

1976

Décès de Suzanne Moreau-Laurencin (71 ans), le 13 décembre à Paris dans l'appartement de la rue Savorgnan-deBrazza.

1979 - 1980

La succession Suzanne Moreau-Laurencin est vendue à l'Hôtel Drouot, Etude Ader-Picard-Tajan, (quatre ventes) au profit de l'Association des Orphelins Apprentis d'Auteuil.

1983

A l'occasion du centenaire de la naissance de l'artiste, inauguration du Musée Marie Laurencin, fondé par M. Masahiro Takano, à Tateshina-Chino, province de Nagano-Ken, Japon.

 

Musée Marie Laurencin
au Japon,
à 200 km au nord-ouest de Tokyo



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Fond d'écran :
"Femme à l'éventail"
Marie Laurencin - vers 1913